| La fondation de Thèbes |
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- La fondation de Thèbes
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2006-10-03 04:39:41
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Cadmos remercia le voyageur et poursuivit son chemin. Lorsqu'il arriva à destination, il questionna la diseuse d'augures et obtint cette réponse :
"Ne cherche pas ta sœur et ne retourne pas chez toi. Tu rencontreras une génisse qui n'a jamais connu le joug dans une prairie isolée. Suis-la. A l'endroit où elle s'arrêtera pour se reposer, fonde une ville et nomme-la Thèbes."
Cadmos s'inclina devant la volonté des dieux. Il chercha avec ses compagnons le pâturage évoqué par la prêtresse. Il le trouva bientôt, ainsi que la jeune vache qui broutait l'herbe gorgée de sève. A sa suite ils traversèrent un torrent et de larges plaines.
Enfin elle s'arrêta, jeta un regard au prince et à sa troupe, leva la tête et poussa un long meuglement. Lorsque la génisse se fut lentement couchée, le jeune héros tomba à genoux et embrassa avec ferveur cette terre étrangère qui était devenue la sienne. Puis il envoya ses guerriers à la recherche, d'eau de source pour faire un sacrifice.
La forêt dans laquelle ils venaient de pénétrer n'avait encore jamais connu le tranchant de la hache. Aussi durent-ils se frayer un chemin à travers les buissons en suivant le murmure de la rivière.
Soudain une source,, abondante et limpide, jaillit, d'un rocher, sautant sur les pierres humides et donnant une agréable sensation de fraîcheur. Ils s'agenouillèrent pour recueillir le précieux liquide.
Tout à coup, un épouvantable fracas se fit entendre, provenant d'une grotte dissimulée dans le roc. Le taillis s'ouvrit devant un gigantesque dragon recouvert d'écailles, avec une crête ensanglantée qui se dressait de sa tête à sa queue. Les yeux du monstre étaient des flammes et l'animal tout entier semblait l'incarnation du mal.
Il ouvrit grand ses mâchoires, découvrant trois langues énormes et trois rangées de dents, puis il cracha dans leur direction son haleine pestilentielle. Ceux qui survécurent, il les écrasa de son corps et les lacéra de ses griffes.
Le soleil atteignait le zénith et raccourcissait ses ombres, mais les compagnons de Cadmos ne revenaient pas. Cadmos s'inquiéta alors de leur absence. Il craignit qu'un sort malheureux se soit abattu sur eux, aussi prit-il son glaive et sa lance pour partir à leur recherche. Il trouva le sentier pratiqué à travers le taillis et atteignit le rocher où naissait la source. C'était là que gisaient ses camarades, massacrés par le terrible dragon qui secouait sa tête de façon menaçante au-dessus de leurs corps inertes.
Le jeune héros regarda courageusement les yeux injectés de sang du dragon et s'écria
" Mes fidèles amis, je serai votre vengeur ou votre compagnon dans la mort! " Il se baissa, ramassa un énorme fragment de roche et le jeta sur le monstre. Un tel coup aurait sûrement fracassé la plus solide des murailles, pourtant elle ne fit aucun mal au dragon : le rocher glissa sur sa carapace d'écailles et ne fit qu'accroître sa fureur. Il se cabra contre son adversaire, mais Cadmos le piqua de sa lance, qu'il parvint à faire pénétrer sous sa peau. L'animal tourna la tête, mordit la lance et la cassa.
Mais il ne put en retirer la pointe, solidement plantée dans sa chair. Fou de douleur, le dragon attaqua à nouveau son ennemi. Il ouvrit la gueule pour tenter de tuer le héros de son souffle empoisonné.
Ayant percé ses intentions, le jeune homme se cacha précipitamment derrière un gros arbre. Il prit une autre lance et l'expédia dans la gorge de l'animal avec une telle force qu'il cloua le monstre à un chêne voisin. Celui-ci parvint en se secouant à déraciner l'arbre, le sang se mit à gicler de sa gueule et en un instant l'herbe, la mousse et les feuilles, tout devint rouge.
En agonisant, il écrasa de sa queue, qui battait de droite et de gauche, quelques buissons, puis ce fut le silence.
Pendant que, plein d'étonnement, Cadmos examinait le gigantesque cadavre, la déesse Pallas Athéna descendit du ciel.
"Sème les dents du dragon," lui ordonna-t-elle.
Le héros retourna la terre avec sa lance et planta dans les sillons les trois horribles mâchoires de la. bête.
Soudain les mottes de terre se mirent à bouger et l'argile fut percée par des glaives, des lances, des casques, des têtes, des cous, des poitrines et des bras brandissant des armes. Toute la plaine se remplit de guerriers.
Cadmos, effrayé par ce cortège armé, saisit son glaive lorsqu'un des guerriers l'interpella :
"Ne te mêle pas de notre combat. Il ne te concerne pas." Et, se jetant sur son plus proche voisin, il le transperça d'un coup de lance.
La bataille s'engagea sous les yeux de notre héros. Ce fut l'inévitable massacre. Pouvait-il en être autrement alors qu'ils étaient nés des dents du dragon, fils d'Arès, dieu de la guerre?
La plaine était jonchée de cadavres. Il n'y eut que cinq survivants dans cette multitude et ils firent la paix. Ils étaient forts et braves car ils avaient défendu leurs vies dans un dur combat.
C'est avec eux que Cadmos fonda la ville de Thèbes.
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