| Midas |
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2006-10-03 04:44:39
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Pour célébrer sa chance, le roi ordonna un grand festin. Il se rinça les mains et vit avec un sourire béat l'eau se transformer en or liquide. Mais à table, quand il voulut prendre un morceau de pain et qu'il le sentit se durcir et se transformer en lingot, quand la viande grillée se mit elle aussi à étinceler dès qu'il la saisit, il appela ses serviteurs et leur ordonna de le nourrir. Ils obéirent. Pourtant, malgré ses précautions, dès que les mets avaient atteint ses lèvres, l'or résonnait entre ses dents. Quant au vin, il se figeait lui aussi dans sa bouche.
Entouré de métal précieux, le roi fut saisi de terreur. Devinant la mort qui le guettait, son vœu lui fit horreur : il allait périr de faim et de soif...
Tremblant de peur, il fit rapidement harnacher son cheval. Au galop, il se rendit chez Dionysos, remarquant avec effroi que la bride entre ses mains devenait de l'or.
Des chants joyeux lui apprirent qu'il était arrivé au lieu de repos du dieu et de ses admirateurs.
Il sauta à terre et se prosterna
"Cher Dionysos, pardonne mon souhait," gémit-il, "fais cesser ma souffrance." Le dieu fit grâce au malheureux en lui donnant ce conseil :
"Plonge-toi complètement dans l'eau de la rivière Pactole. Ainsi tu laveras les traces de ton vœu stupide."
Sans attendre Midas se baigna, rinçant aussi son visage et ses cheveux. Depuis ce jour, les hommes trouvent à cet endroit du sable doré.
Heureux d'être débarrassé de ce terrible don, le roi ne voulait même plus regarder l'or. Il préférait se promener dans les prairies et les bosquets et écouter Pan, dieu des pâturages et protecteur des troupeaux, qui jouait de la syrinx, flûte à sept tuyaux faite de roseaux. Le musicien avait des cornes et des pieds de chèvre, et était entièrement recouvert de poils. Il gambadait à travers les forêts en poursuivant les nymphes et les voyageurs effarouchés. A l'ombre des arbres, il ne jouait que des chansons gaies sur son curieux instrument et Midas les aimait mieux que n'importe quelle autre musique.
Voyant ses mélodies ainsi appréciées, Pan se mit à imaginer qu'il surpassait Apollon, dieu des Muses. Aussi appela-t-il le dieu de la montagne, Tmolos, pour qu'il désignât le meilleur joueur.
Tmolos accepta sa proposition et dégagea ses gigantesques oreilles des branches d'arbre vénérables qui les encombraient. Pan exécuta tout d'abord une chanson sauvage et barbare.
A l'orée de la forêt, le roi Midas fut charmé par cette mélodie, semblable au chant des oiseaux, au sifflement du vent dans les rochers, au bruit de l'eau gambadant sur les galets.
Le dieu s'arrêta et l'arbitre appela Apollon. Celui-ci, tenant dans la main gauche une magnifique lyre, rejeta son manteau pourpre. Il pinça délicatement les cordes de l'instrument, qui se mirent à chanter de façon exquise. Dans le calme du soir, les notes s'envolaient comme si elles étaient portées par de fragiles ailes d'argent.
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