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Niobé Version imprimable Suggérer par mail
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Deux garçons plus jeunes luttaient au corps à corps.  Ils furent tous deux rivés à terre par le même coup et ensemble ils expirèrent.  Le cinquième accourut à leur aide, mais avant d'atteindre leurs corps il fut tué à son tour.  Le sixième fut touché à la jambe.  Tandis qu'il essayait de tirer la flèche de la blessure, une autre flèche le transperça et, avec son sang, la vie quitta son corps.

Le plus jeune leva les bras et supplia les dieux de l'épargner.  Apollon fut ému, mais il ne pouvait rattraper son trait.  Le dernier fils périt aussi.

La nouvelle de l'affreux massacre se répandit dans Thèbes comme une horrible tempête.  Fou de chagrin, le roi saisit son épée et se tua.  Niobé se précipita sur les lieux du carnage.  Elle enlaça les morts en pleurant et les embrassa pour la dernière fois, mais l'orgueil fut encore le plus fort.

Elle leva les yeux au ciel et s'écria :

"Réjouis-toi de ma peine, cruelle Léto.  Avec mes sept fils, j'enterre une partie de ma vie.  Pourtant il me reste plus d'enfants que toi : j'ai encore sept filles ravissantes. "

A peine eut-elle fini cet imprudent discours que la corde de l'arc vibra.  L'une des beautés tomba, morte, sur le corps à peine refroidi de son frère.  La déesse Artémis tendit à nouveau son arc et la seconde fille dit adieu à la vie.  Quant aux autres, malgré leurs tentatives pour fuir ou leurs essais pour se dissimuler, les flèches de la déesse vengeresse les atteignirent toujours.

Seule la dernière, la plus jeune, restait couverte par Niobé elle-même.  Pour la première fois, les bras au ciel, celle-ci implorait la déesse de l'épargner.  Mais, tandis qu'elle suppliait, l'enfant mourut dans ses bras.

La reine resta seule.

Autour d'elle, l'herbe murmurait : "Quel être humain peut compter sur le bonheur, en présence de la mort?"

Immobile, perdue dans sa peine, Niobé regardait droit devant elle.  Le sang quittait doucement ses joues, ses cheveux devenaient pesants et même le vent n'arrivait plus à les éparpiller.  Dans son visage de pierre ses yeux se figèrent.  Ses bras et ses jambes s'alourdirent et tout son corps se transforma en rocher.

Un puissant tourbillon de vent s'abattit sur Thèbes, emportant Niobé en Lydie les hommes se précipitèrent pour voir l'étrange nouveauté.

La pierre avait la forme d'une femme et de ses yeux coulaient deux intarissables sources de larmes.

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