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Pélops Version imprimable Suggérer par mail
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Torturé par l'angoisse, Pélops marcha jusqu'au bord d'une rivière qui coulait vers la mer.  Là, il invoqua le dieu de la mer, Poséidon, et implora son aide.  Il supplia le dieu avec tant d'insistance que celui-ci l'entendit.

La rivière se mit à imiter le bruit d'un torrent, et au milieu des eaux tourbillonnantes apparurent des chevaux ailés.  Des gerbes d'étincelles jaillissaient de leurs sabots.  Ils étaient attelés à un char léger qui brillait derrière eux comme l'écume à la crête des vagues.  Pélops, stupéfait, remercia Poséidon, lui promettant un riche sacrifice.

C'est en cet extraordinaire équipage qu'il se mit en route le lendemain à la rencontre du roi.  OEnomaos attendait son rival.  Il reconnut de loin les chevaux de Poséidon et dans son agitation il oublia même d'offrir le sacrifice qui habituellement précédait son départ.  Il ne laissa pas à Pélops autant d'avance qu'à ses prédécesseurs : il sauta sans attendre sur son char et se lança à la poursuite du jeune homme.

L'attelage de Pélops s'était déjà élancé, et seuls les petits nuages de poussière qu'il soulevait sur la route témoignaient de son passage.  Il avait devant les yeux l'image de la pauvre Hippodamie, et le désir de la délivrer de sa peine le faisait aller sans cesse plus vite.  Derrière lui venait le char du roi, avec ses chevaux qui couraient plus vite que le vent du Nord.  Le roi avait devant les yeux le spectacle de sa propre mort et il savait qu'il ne pouvait échapper à son sort qu'en rattrapant Pélops.  Il pressa donc ses chevaux tant qu'il put.  La distance entre les deux chars diminua, l'espoir revint au roi, et la crainte à Pélops.  Déjà ce dernier était proche du poteau d'arrivée quand le roi le rattrapa et leva sa lance.  Mais à cet instant précis, une roue du char royal heurta un caillou et se brisa.  Le char bascula, le roi tomba et sa tête heurta un rocher qui lui fracassa le crâne.  Il mourut à l'instant même où Pélops, sur son char, passait la ligne d'arrivée.

Pélops, vainqueur, s'en revint à Pise.  Son fidèle serviteur l'accueillit avec des transports de joie et le peuple le proclama roi.  Pélops fit enterrer avec faste le défunt roi OEnomaos et épousa Hippodamie.  Son règne fut fameux.  La péninsule où il avait gagné la course prit son nom et devint le Péloponnèse.  Dans la ville d'Olympie, il fonda les fameux jeux olympiques en mémoire de sa victoire.

Mais Pélops ne fut pas heureux: après sa victoire, il se querella avec un serviteur d'OEnomaos, Myrtilos.

"Si je n'avais pas été là," s'écria Myrtilos, "ta tête serait actuellement la quatorzième à être ex osée devant le palais.  C'est moi qui ai desserré les essieux du char d'OEnomaos, et c'est pour cela que le roi est tombé et s'est tué.  Et à présent, tu dois me récompenser d'avoir fait cela!"

Pélops, exaspéré de voir ainsi Myrtilos se vanter d'un meurtre et demander à être payé pour cela, précipita le traître dans la mer du haut d'une falaise.  Myrtilos, en mourant, maudit Pélops.

Et c'est ainsi que la  malheureuse famille de Tantale eut à subir une nouvelle malédiction.

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